In N’Dali, Women Are Already Sowing the Seeds of Tomorrow’s Climate Solutions

Article by Oladokoun BALOGOUN, Executive Director of TORIOLA in Benin

See below for English translation

À N’Dali, les femmes sèment déjà les solutions climatiques de demain

Dans le département du Borgou, au nord-est du Bénin, la commune de N’Dali encaisse de plein fouet les effets du changement climatique. Mais loin de se contenter de subir, ses communautés, et en premier lieu ses femmes, inventent sur le terrain, leurs propres réponses. 

Avec ses 175 258 habitants, dont plus de 70 % vivent en zone rurale, N’Dali figure parmi les communes du Bénin présentant une vulnérabilité climatique élevée à très élevée. Cette vulnérabilité se manifeste par des saisons agricoles de plus en plus imprévisibles, des pluies plus rares et irrégulières, des sécheresses prolongées, des inondations localisées, une hausse des températures, l’appauvrissement des sols, le recul des forêts et la raréfaction des ressources en eau. 

Une approche construite avec les communautés

Le changement climatique n’affecte pas tous les habitants de N’Dali de la même manière. Les diagnostics montrent que les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les ménages pauvres et les personnes déplacées internes sont davantage exposés à ses effets, tout en disposant de capacités d’adaptation plus limitées. Les femmes, en particulier, restent confrontées à un accès restreint au foncier, au crédit, aux technologies agricoles, aux formations et aux instances locales de décision. Pourtant, ce sont précisément ces communautés qui portent une grande partie des solutions d’adaptation mises en œuvre sur le terrain. C’est dans cette dynamique que TORIOLA et son partenaire IGBALA ont choisi de placer les femmes maraîchères au cœur de leur stratégie d’adaptation climatique. 

L’organisation privilégie une approche participative fondée sur le développement communautaire par la communauté elle-même à travers écoute, dialogue et implication des populations, à chaque étape. La conviction qui sous-tend cette manière de travailler est simple, les solutions les plus durables sont celles qui se construisent avec les communautés, et non pour elles. 

Deux exemples illustrent concrètement cette approche. Le premier axe porte sur le renforcement des capacités des coopératives de femmes maraîchères sur les pratiques d’agriculture intelligente face au climat, à travers l’apprentissage d’itinéraires techniques de production maraîchère résilients. Concrètement, les productrices sont formées à choisir des variétés plus tolérantes à la sécheresse, à recourir à des techniques d’irrigation économes en eau, comme le paillage du sol pour limiter l’évaporation, et à ajuster leurs calendriers de semis à des saisons des pluies devenues plus courtes et plus irrégulières. Des gestes simples mais décisifs, qui permettent à une coopérative de sécuriser une récolte là où, quelques années plus tôt, un simple écart de pluviométrie suffisait à la compromettre.

Novembre 2023, Commune de N’Dali

Le second axe consiste à promouvoir l’agroécologie, l’agriculture biologique et les pratiques de Gestion Durable des Terres, afin de restaurer des sols dégradés, préserver les ressources naturelles et améliorer durablement la productivité agricole. Sur le terrain, cela se traduit par exemple par l’usage de compost et de fertilisants organiques en lieu et place des intrants chimiques, par des techniques de conservation des sols et de l’eau, diguettes, cordons ou associations de cultures, qui freinent l’érosion sur des terres déjà fragilisées par les feux de brousse et les cultures itinérantes sur brûlis, ou encore par l’intégration d’arbres dans les parcelles cultivées pour restaurer la fertilité sur la durée. L’objectif n’est pas d’augmenter un rendement dans l’immédiat, mais de redonner aux sols la capacité de continuer à produire, saison après saison, malgré un climat qui les met à rude épreuve.

Agir ensemble plutôt que chacun de son côté

Aucune organisation, aussi engagée soit-elle, ne peut répondre seule aux défis climatiques d’un territoire. À N’Dali, ce constat a conduit à la création de la Plateforme Communale sur le Changement Climatique de N’Dali (PACCN), issue du diagnostic réalisé dans le cadre du Plan Communal d’Adaptation aux Changements Climatiques (PCACC) avec l’appui du Programme PACO financé par la coopération allemande GIZ. Ce diagnostic a révélé que les nombreux acteurs intervenant sur les questions climatiques et environnementales agissaient de manière dispersée, avec une coordination limitée, des chevauchements d’actions et une circulation insuffisante de l’information, réduisant ainsi l’efficacité des interventions. La PACCN a donc été mise en place comme un cadre de dialogue, de coordination, de planification concertée, de partage d’expériences et de mobilisation des ressources climatiques. Membre de cette plateforme, Toriola inscrit ses actions dans une dynamique collective qui renforce la cohérence, la complémentarité et l’impact des initiatives menées sur le territoire.

Mars 2025, Commune de N’Dali 

Quatre chantiers pour aller plus loin

Fort de ces premiers résultats, TORIOLA prépare quatre nouveaux chantiers. Le premier vise à former 300 femmes maraîchères à la production et à l’utilisation du biochar, un amendement capable de restaurer les sols dégradés et de renforcer les cultures face à la sécheresse. Des parcelles de démonstration permettront d’en observer les effets, avec un gain de performance visé de 30 % pour les exploitations. Transformé en briquettes, ce même biochar deviendra aussi une source d’énergie domestique plus propre et au moins 300 femmes seront formées à sa fabrication, réduisant d’au moins 25 % la consommation de bois-énergie. De même, des foyers améliorés équiperont 80 % des ménages bénéficiaires, limitant le bois de chauffe, les fumées nocives et la déforestation. Du champ au foyer, ces quatre chantiers transforment une même contrainte, la dégradation des sols et des ressources ligneuses, en opportunités pour les femmes.

Un avenir qui se construit, pas qui se subit

À N’Dali, le diagnostic climatique aurait pu rester un simple constat d’alerte. Il a plutôt servi de point de départ : à la création d’une plateforme qui coordonne enfin les acteurs du territoire, et à la conviction, portée par Toriola depuis sa fondation, que ce sont les communautés, et en particulier les femmes, qui détiennent les clés de l’adaptation climatique, dès lors qu’on leur en donne les moyens.

In N’Dali, Women Are Already Sowing the Seeds of Tomorrow’s Climate Solutions

In the Borgou Department, in northeastern Benin, the town of N’Dali is bearing the brunt of climate change. But far from simply enduring it, its communities—and first and foremost its women—are devising their own solutions on the ground.

With a population of 175,258, more than 70% of whom live in rural areas, N’Dali ranks among Benin’s municipalities with high to very high climate vulnerability. This vulnerability manifests itself in increasingly unpredictable agricultural seasons, rarer and more irregular rainfall, prolonged droughts, localized flooding, rising temperatures, soil depletion, forest loss, and dwindling water resources.

An Approach Developed with Communities

Climate change does not affect all residents of N’Dali in the same way. Assessments show that women, youth, people with disabilities, poor households, and internally displaced persons are more exposed to its effects, while having more limited adaptive capacities. Women, in particular, continue to face restricted access to land, credit, agricultural technologies, training, and local decision-making bodies. Yet it is precisely these communities that are driving many of the adaptation solutions being implemented on the ground. It is within this framework that TORIOLA and its partner IGBALA have chosen to place women vegetable farmers at the heart of their climate adaptation strategy.

The organization prioritizes a participatory approach based on community-led development, achieved through listening, dialogue, and community involvement at every stage. The conviction underlying this way of working is simple: the most sustainable solutions are those built with communities, not for them.

Two examples concretely illustrate this approach. The first focus is on building the capacity of women’s vegetable-farming cooperatives in climate-smart agricultural practices, through learning resilient vegetable production techniques. Specifically, the women farmers are trained to select drought-tolerant varieties, use water-efficient irrigation techniques—such as mulching the soil to limit evaporation—and adjust their planting schedules to accommodate rainy seasons that have become shorter and more irregular. These simple yet decisive actions enable a cooperative to secure a harvest where, just a few years earlier, a mere variation in rainfall was enough to jeopardize it.

Novembre 2023, the Commune of N’Dali

The second focus is on promoting agroecology, organic farming, and sustainable land management practices in order to restore degraded soils, preserve natural resources, and sustainably improve agricultural productivity. In practice, this involves, for example, using compost and organic fertilizers instead of chemical inputs, as well as soil and water conservation techniques such as small dikes, cordons, or intercropping, which slow erosion on land already weakened by bushfires and shifting cultivation, or by integrating trees into cultivated plots to restore fertility over the long term. The goal is not to increase yields in the short term, but to restore the soil’s ability to continue producing, season after season, despite a climate that puts it to the test.

Working Together Rather Than Going It Alone

No single organization, no matter how committed, can address a region’s climate challenges on its own. In N’Dali, this realization led to the creation of the N’Dali Municipal Climate Change Platform (PACCN), which emerged from an assessment conducted as part of the Municipal Climate Change Adaptation Plan (PCACC) with support from the PACO Program, funded by the German development agency GIZ. This assessment revealed that the many stakeholders involved in climate and environmental issues were operating in a fragmented manner, with limited coordination, overlapping efforts, and insufficient information sharing, thereby reducing the effectiveness of their interventions. The PACCN was therefore established as a framework for dialogue, coordination, collaborative planning, sharing of experiences, and mobilization of climate resources. As a member of this platform, Toriola aligns its actions with a collective effort that strengthens the coherence, complementarity, and impact of initiatives carried out in the region.

March 2025, the Commune of N’Dali 

Four Initiatives to Take Things Further

Building on these initial results, TORIOLA is preparing four new initiatives. The first aims to train 300 women vegetable farmers in the production and use of biochar, a soil amendment capable of restoring degraded soils and strengthening crops against drought. Demonstration plots will allow for monitoring of its effects, with a targeted 30% increase in farm productivity. When processed into briquettes, this same biochar will also serve as a cleaner source of domestic energy, and at least 300 women will be trained in its production, reducing firewood consumption by at least 25%. Similarly, improved stoves will be provided to 80% of beneficiary households, reducing firewood use, harmful smoke, and deforestation. From the fields to the home, these four initiatives transform a single challenge—the degradation of soil and timber resources—into opportunities for women.

A future that is built, not endured

In N’Dali, the climate assessment could have remained a mere warning. Instead, it served as a starting point: for the creation of a platform that finally coordinates local stakeholders, and for the conviction—held by Toriola since its founding—that it is the communities, and in particular women, who hold the keys to climate adaptation, once they are given the means to do so.